mardi 22 mai 2012

S'ouvrir les yeux

Les décisions que l'on prend aujourd'hui construiront notre paysage de demain. Après tout, le paysage est la résultante de l'ensemble des décisions et actions politiques, économiques, collectives et individuelles d'une société sur un territoire.... Le paysage ne ment pas, en ouvrant les yeux on peut en apprendre plus sur notre passé et notre présent qu'en lisant n'importe quel livre d'histoire.

S'ouvrir les yeux, pour regarder autour de nous, pour voir où l'on s'en va... Je ne penche pas plus à gauche ou à droite, pas plus solidaire que lucide, pas plus PQ, PLQ, CAQ, QS ou autres... je ne prétends pas avoir la vérité, je regarde, j'analyse et dans ce blog, je laisse le paysage, et les facteurs qui le construisent, parler.

Difficile de passer à côté du conflit étudiant ce temps-ci... et vous me direz, quel est le lien entre le paysage et le  conflit étudiant ?

Relire la première ligne... certes, je fais un détour dans ce message... mais le Québec a la tête dans le sable.

Il y aura des décisions difficiles à prendre si le Québec veut demeurer une société possédant une bonne qualité de vie, ou même améliorer cette qualité de vie.

Pourquoi des décisions difficiles, la réponse est simple, parce que nous avons pelleté en avant trop longtemps et refuser de prendre des décisions difficiles. Mais on peut la découper en plusieurs points:

- parce que la démographie n'est définitivement pas de notre côté; il y aura un nombre considérable de personne du troisième âge que l'État devra appuyer si ces dernières veulent avoir une retraite de qualité après avoir payé des impôts toute leur vie.
- parce que nos infrastructures tombent en ruine. Faute de vouloir payer pour un entretien rigoureux, maintenant il faut payer le double et recommencer.
- parce que nous nous sommes étendus sur le territoire au profit de l'intérêt individuel, sans réfléchir aux conséquences de l'étalement urbain comme le coût en infrastructures, la destruction du territoire agricole et les problématiques environnementales.

Pour cela, et pour de multiples autres raisons, le Québec possède le ratio d'endettement par capita parmi les plus élevés, sinon le plus élevé en Amérique du Nord et ce malgré un très haut taux d'imposition.

Bref, pour simplifier, notre carte de crédit est pleine, nos revenus stagnent et bientôt, nous ne serons plus en mesure de payer nos factures.

Mais nous gardons collectivement la tête profondément dans le sable et refusons de faire face à la musique.

Le gouvernement, peu importe son allégeance ne peut ni hausser les impôts (grogne populaire), ni réduire la taille bureaucratique et administrative de l'État (manifestation syndicale), ni s'engager dans un projet novateur (pas dans ma cour... quoi que les derniers projets proposés n'étaient pas les meilleurs, aussi bien qu'il en soit ainsi pour ces derniers).

La hausse des frais de scolarité est probablement la première des décisions difficiles que l'État québécois aura à prendre au cours des 15 prochaines années. On peut être pour ou contre, on peut dire qu'il y a d'autres moyens de trouver 600 millions de dollars.... ailleurs.

Ou on peut faire comme d'habitude, refuser de payer maintenant, pelleter par en avant, élire un autre gouvernement qui ne veut pas, ne peut pas ou ne voit pas le problème et s'enfoncer la tête dans le sable encore plus profondément.
















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