samedi 26 mai 2012

L'économie d'énergie: une priorité

Dans le texte S'ouvrir les yeux, il était question des décisions difficiles qui devront être prises au Québec afin d'assurer la viabilité de notre futur.

Par décisions difficiles, je n'implique pas des mesures d'austérité comme on le voit en Europe ou l'abandon de services publics. Ce qui sera difficile en fait, ce sera de prendre des décisions, de changer les façons de faire. La folie est de faire continuellement la même chose, de la même façon et de s'attendre à des résultats différents... 

Alors, quelles solutions pourraient être mises de l'avant pour assurer notre viabilité ? 

Vous souvenez-vous du 24 janvier 2011 ? Probablement pas, le 24 janvier 2011, il faisait froid et Hydro-Québec a atteint un pic record de consommation d'électricité. On voyait la société d'état fière d'avoir pu fournir   les 38 200 mégawatts aux Québécois. Dans une perspective large cependant, ce record est une démonstration de notre gourmandise énergétique, de notre surconsommation. 

L’une des ressources les plus importantes du territoire québécois est sans aucun doute son potentiel hydroélectrique. Cet élément a été crucial dans l’expansion de l’économie québécoise depuis la nationalisation de l’énergie au début des années ’60. L’énergie est fournie aux résidents et entreprises à un tarif préférentiel si bien que la ressource est considérée comme acquise. Découlant de cette situation, la consommation énergétique au Québec atteint des sommets inégalés. 

Plutôt que de construire de nouveaux barrages et mettre à mal les rivières, l'environnement et le paysage du nord québécois pour assouvir notre consommation énergétique grandissante, il sera dans notre intérêt  individuel et collectif d'investir massivement dans l'économie d'énergie. La consolidation de l'existant plutôt que l'expansion sans fin. 

Bien sûr, il faut s'engager activement et financièrement aujourd'hui, pour en récolter les fruits lentement et à long terme. Ce n'est certes pas un discours très populaire dans le milieu financier de nos jours, mais peut-on dire que notre vision à crédit et à très court terme nous rend service ?

Individuellement, économiser l'énergie abaisserait notre facture d'électricité mois après mois. Des économies que l'on pourrait utiliser à notre guise, comme dans un fond d'études universitaires par exemple !!!

Collectivement, en multipliant les actions individuelles et institutionnelles, la réduction de notre consommation énergétique intérieure permettrait de nous tourner de façon accrue vers une exportation de l'hydroélectricité aux États-Unis et dans les autres provinces canadiennes. Chaque mégawatts supplémentaires vendus au double du prix à nos voisins engendrent des revenus additionnels pour l'État québécois. Il s'agit là d'un ailleurs où l'on pourrait trouver 600 millions de dollars par année, par exemple (montant symbolique bien sûr). Il n'est pas nécessaire de défricher le Nord  à coup de barrage pour atteindre cette situation, simplement s'engager avec la population dans la conservation de nos ressources. 

Globalement, la vente de notre énergie "propre" et protégée consciemment par la population permettrait à certains états américains et provinces canadiennes de fermer des centrales au gaz ou au charbon, générateur de gaz à effet de serre. 

Cela permettrait également de protéger notre territoire, mieux encore, il nous permettrait d'améliorer notre paysage habité en consolidant nos acquis... (voir la suite)






mardi 22 mai 2012

S'ouvrir les yeux

Les décisions que l'on prend aujourd'hui construiront notre paysage de demain. Après tout, le paysage est la résultante de l'ensemble des décisions et actions politiques, économiques, collectives et individuelles d'une société sur un territoire.... Le paysage ne ment pas, en ouvrant les yeux on peut en apprendre plus sur notre passé et notre présent qu'en lisant n'importe quel livre d'histoire.

S'ouvrir les yeux, pour regarder autour de nous, pour voir où l'on s'en va... Je ne penche pas plus à gauche ou à droite, pas plus solidaire que lucide, pas plus PQ, PLQ, CAQ, QS ou autres... je ne prétends pas avoir la vérité, je regarde, j'analyse et dans ce blog, je laisse le paysage, et les facteurs qui le construisent, parler.

Difficile de passer à côté du conflit étudiant ce temps-ci... et vous me direz, quel est le lien entre le paysage et le  conflit étudiant ?

Relire la première ligne... certes, je fais un détour dans ce message... mais le Québec a la tête dans le sable.

Il y aura des décisions difficiles à prendre si le Québec veut demeurer une société possédant une bonne qualité de vie, ou même améliorer cette qualité de vie.

Pourquoi des décisions difficiles, la réponse est simple, parce que nous avons pelleté en avant trop longtemps et refuser de prendre des décisions difficiles. Mais on peut la découper en plusieurs points:

- parce que la démographie n'est définitivement pas de notre côté; il y aura un nombre considérable de personne du troisième âge que l'État devra appuyer si ces dernières veulent avoir une retraite de qualité après avoir payé des impôts toute leur vie.
- parce que nos infrastructures tombent en ruine. Faute de vouloir payer pour un entretien rigoureux, maintenant il faut payer le double et recommencer.
- parce que nous nous sommes étendus sur le territoire au profit de l'intérêt individuel, sans réfléchir aux conséquences de l'étalement urbain comme le coût en infrastructures, la destruction du territoire agricole et les problématiques environnementales.

Pour cela, et pour de multiples autres raisons, le Québec possède le ratio d'endettement par capita parmi les plus élevés, sinon le plus élevé en Amérique du Nord et ce malgré un très haut taux d'imposition.

Bref, pour simplifier, notre carte de crédit est pleine, nos revenus stagnent et bientôt, nous ne serons plus en mesure de payer nos factures.

Mais nous gardons collectivement la tête profondément dans le sable et refusons de faire face à la musique.

Le gouvernement, peu importe son allégeance ne peut ni hausser les impôts (grogne populaire), ni réduire la taille bureaucratique et administrative de l'État (manifestation syndicale), ni s'engager dans un projet novateur (pas dans ma cour... quoi que les derniers projets proposés n'étaient pas les meilleurs, aussi bien qu'il en soit ainsi pour ces derniers).

La hausse des frais de scolarité est probablement la première des décisions difficiles que l'État québécois aura à prendre au cours des 15 prochaines années. On peut être pour ou contre, on peut dire qu'il y a d'autres moyens de trouver 600 millions de dollars.... ailleurs.

Ou on peut faire comme d'habitude, refuser de payer maintenant, pelleter par en avant, élire un autre gouvernement qui ne veut pas, ne peut pas ou ne voit pas le problème et s'enfoncer la tête dans le sable encore plus profondément.