Dans le texte S'ouvrir les yeux, il était question des décisions difficiles qui devront être prises au Québec afin d'assurer la viabilité de notre futur.
Par décisions difficiles, je n'implique pas des mesures d'austérité comme on le voit en Europe ou l'abandon de services publics. Ce qui sera difficile en fait, ce sera de prendre des décisions, de changer les façons de faire. La folie est de faire continuellement la même chose, de la même façon et de s'attendre à des résultats différents...
Alors, quelles solutions pourraient être mises de l'avant pour assurer notre viabilité ?
Vous souvenez-vous du 24 janvier 2011 ? Probablement pas, le 24 janvier 2011, il faisait froid et Hydro-Québec a atteint un pic record de consommation d'électricité. On voyait la société d'état fière d'avoir pu fournir les 38 200 mégawatts aux Québécois. Dans une perspective large cependant, ce record est une démonstration de notre gourmandise énergétique, de notre surconsommation.
L’une des ressources les plus importantes du territoire québécois est sans aucun doute son potentiel hydroélectrique. Cet élément a été crucial dans l’expansion de l’économie québécoise depuis la nationalisation de l’énergie au début des années ’60. L’énergie est fournie aux résidents et entreprises à un tarif préférentiel si bien que la ressource est considérée comme acquise. Découlant de cette situation, la consommation énergétique au Québec atteint des sommets inégalés.
Plutôt que de construire de nouveaux barrages et mettre à mal les rivières, l'environnement et le paysage du nord québécois pour assouvir notre consommation énergétique grandissante, il sera dans notre intérêt individuel et collectif d'investir massivement dans l'économie d'énergie. La consolidation de l'existant plutôt que l'expansion sans fin.
Bien sûr, il faut s'engager activement et financièrement aujourd'hui, pour en récolter les fruits lentement et à long terme. Ce n'est certes pas un discours très populaire dans le milieu financier de nos jours, mais peut-on dire que notre vision à crédit et à très court terme nous rend service ?
Individuellement, économiser l'énergie abaisserait notre facture d'électricité mois après mois. Des économies que l'on pourrait utiliser à notre guise, comme dans un fond d'études universitaires par exemple !!!
Collectivement, en multipliant les actions individuelles et institutionnelles, la réduction de notre consommation énergétique intérieure permettrait de nous tourner de façon accrue vers une exportation de l'hydroélectricité aux États-Unis et dans les autres provinces canadiennes. Chaque mégawatts supplémentaires vendus au double du prix à nos voisins engendrent des revenus additionnels pour l'État québécois. Il s'agit là d'un ailleurs où l'on pourrait trouver 600 millions de dollars par année, par exemple (montant symbolique bien sûr). Il n'est pas nécessaire de défricher le Nord à coup de barrage pour atteindre cette situation, simplement s'engager avec la population dans la conservation de nos ressources.
Globalement, la vente de notre énergie "propre" et protégée consciemment par la population permettrait à certains états américains et provinces canadiennes de fermer des centrales au gaz ou au charbon, générateur de gaz à effet de serre.
Cela permettrait également de protéger notre territoire, mieux encore, il nous permettrait d'améliorer notre paysage habité en consolidant nos acquis... (voir la suite)

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